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Le vivier des noms
Editeur: POL
EAN: 9782818036983
Langue du livre: Français
6 400 Ft
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Présentation de l’article:

La fabuleuse histoire sans fin de Valère Novarina
Dans le ventre des Carmes, vous voyez ceci. Sur le sol, des silhouettes d'objets ou de personnages réduits à des traits essentiels, sur fond blanc : la substantifique moelle des choses peinte par Novarina. D'une galerie monastique sort l'actrice Claire Sermonne - n'oubliez pas ce nom, cette interprète est faite pour tous les jeux dangereux -, fine pythie fuselée dans une jupe noir longue et un chemisier blanc. Elle joue l'Histonenne. Pendant près de deux heures quarante, elle va exhumer à la face des étoiles des noms de peuples insensés, livrer à l'assistance non pas un arbre, mais une pieuvre généalogique. Surgiront alors dcs acteurs merveilleusement penauds, Julie Kpéré, Manuel Le Lièvre, Dominique Parent, Agnès Sourdillon, Nicolas Struve, René Turquois, Valétte Vinci, accompagnés pai l'accordéoniste Christian Paccoud.

L'art de détourner
Car de quoi s'agit-il au juste ? Comme souvent chez Novarina d'une histoire de l'homme au-delà de lui-même, de ses formes répertoriées - qu'elles soient psychologiques ou anatomiques; d'une opération poético-magique aussi au cours de laquelle le mot devient la chose. Barbant ? Non. Valère Novarina a lu tous les auteurs latins, mais il regarde aussi la télévision. ll détourne tout, les tics de Saint-Augustin comme les tocs de David Pujadas. Ecoutez Le Grand Communicateur : « Si le péril humanitaire persiste, nous coulons droit à la catastrophe homidienne, a commenté aussitôt le nouveau secrétaire très contesté de l'association Médecins sans scrupule. » Plus loin: « Un récidiviste vient de faire machine arrière à trois reprises : en lançant des arguments en tout sens vers les azimuts : son ombre a été abattue. » Admirez l'acteur qui débite ça : ces nouvelles ricochent sur plus de quatre pages.

Le refus de la chute
Le Vivier des noms est ce qu'il annonce : une réserve de possibilités, des impossibles qui prennent corps et s'éclipsent. Ecoutez encore, c'est l'Histonenne qui parle : « La Scène est en Amnésie. Entrent l'Enfant Mésopotamien, le Viveur de Couac, l'Enfant de Pensée, le Vieillard Carnatif, l'Enfant de la Viandeur », etc. L'encrier se déverse en nominations qui sont autant de défigurations de l'Homme. « Mort à la mort », crie un acteur - formule qui est un leitmotiv chez Novarina. « Quelle heure est-il ? » demande une demoiselle. « Le temps du désoubli. » La pièce dure près de trois heures, elle pourrait en faire trois de plus ou une de moins. Valère Novarina enchaîne les chutes, mais ne s'y résout jamais. Le refus de ma fin n'est pas le concernant une faiblesse littéraire, c'est un salut : l'écriture est la vie.

Alexandre Demidoff, Le Temps, 7 juillet 2015

Présentation de l'auteur / de la collection:

Valère Novarina est né en 1947 à Genève. Il passe son enfance et son adolescence à Thonon, sur la rive française du Léman. À Paris, il étudie à la Sorbonne la philosophie, la philologie, et l'histoire du théâtre. Sa première pièce, L'Atelier volant, sera mise en scène par Jean-Pierre Sarrazac en 1974. Marcel Maréchal lui commande une libre adaptation des deux Henry IV de Shakespeare, Falstafe, qui sera montée au Théâtre national de Marseille en 1976.

Valère Novarina a mis en scène six de ses textes : Le Drame de la vie, créé au Festival d'Avignon, repris au Festival d'Automne à Paris en 1986 ; Vous qui habitez le temps, créé au Festival d'Avignon, repris au Festival d'Automne en 1989 ; Je suis, créé au Théâtre de la Bastille, en 1991, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris ; La Chair de l'homme, créé en juillet 1995 au Festival d'Avignon ; Le Jardin de reconnaissance créé en mars 1997 au Théâtre de l'Athénée à Paris ; L'Origine rouge créé en juillet 2000 au Festival d'Avignon. Il a peint de grandes toiles pour chacun de ces spectacles.

À partir des années 80, Valère Novarina a intensifié ses activités de dessinateur et de peintre. Il réalise ainsi plusieurs performances où il mêle les « actions » de dessin ou de peinture, le texte, et parfois la musique ou la vidéo.

À Paris, la Galerie de France a présenté trois expositions de Valère Novarina : « 2587 dessins » (1987) ; « La lumière nuit » : peintures, dessins, installation de travaux sur palette graphique (1990) et « 78 figures pauvres » (février-mars 1994).
Il a également exposé aux musées de Brou, d'Evreux, au musée Sainte-Croix à Poitiers (« L'Inquiétude rythmique », 1996) et au musée de Valence, (Valence, novembre 2001-31 janvier 2002).
© POL

Valère Novarina sera à la librairie Latitudes le 16 mars 2016

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