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Chalamov Varlam

Présentation de l’auteur / de la collection

Varlam Chalamov est né le 18 juin 1907 dans une famille relativement opulente. Son père, Tikhon, assure le service de l’église-cathédrale orthodoxe de Vologda. La Révolution d’octobre bouleverse radicalement les conditions de vie des Chalamov qui tombent peu à peu dans une misère noire. L’entrée à l’Université étant alors interdite aux fils d’ecclésiastiques Chalamov trouve un travail dans une tannerie des environs de Moscou. En 1926, ce travail en usine et la période plus libérale de la NEP (Nouvelle politique économique) lui ouvrent désormais l’accès à l’université de Moscou. Il choisit le droit. Il fait partie de phalanstères, court les meetings, fréquente les bibliothèques, les cercles futuristes et constructivistes, et s’exerce à écrire.
La première arrestation de Chalamov a lieu le 19 décembre 1929 dans une imprimerie clandestine de l’université pour diffusion du Testament de Lénine (dans lequel Lénine exprimait ses réticences sur le choix de Staline comme successeur). Condamné à trois ans de travaux forcés dans une section spéciale à Vichéra, nord de l’Oural, il travaille à la construction du combinat chimique de Berezniki. Il y fait la connaissance de sa femme, G.I. Goudz, qui divorcera pour lui. Libéré en octobre 1931, il rentre à Moscou et se consacre fiévreusement à l’écriture, à la poésie notamment, et publie ses premiers récits avec succès.
Il est arrêté une seconde fois le 12 janvier 1937. Condamné à cinq ans de bagne, il est envoyé en Kolyma, dans cet Extrême-Orient soviétique dont les fabuleuses richesses minières et aurifères, récemment découvertes, sont exploitées coûte que coûte. En 1943, Chalamov passe à nouveau en jugement et voit sa peine allongée de dix ans. Il est renvoyé dans les mines d’or. En 1947, grâce à un ami chirurgien, il fait un stage d’auxiliaire médical à Magadan, c’est le salut. Il exerce à l’hôpital central ou dans un poste médical de la taïga. Il se remet à écrire en 1949. Sa peine prend fin en 1951 mais il est assigné à résidence en Kolyma. Il s’installe au hameau de Baragon, près d’Oimiakon, pôle du froid. L’hiver suivant, il parcourt 1500 km, à travers la taïga, pour aller quérir une lettre de Pasternak, en réponse au premier Cahier de poésies qu’il lui a fait remettre.
En 1953, après la mort de Staline, encore interdit de séjour à Moscou, Chalamov s’y rend cependant, revoit sa femme, rencontre Pasternak. Sa fille le renie ; deux ans plus tard, il divorce. Il s’installe près de Kalinine (Tver) sur la Volga, travaille au service d’approvisionnement d’une usine de tourbe, et écrit des vers.
Il est officiellement réhabilité en 1956. Il s’installe à Moscou, rompt avec Pasternak, fait la connaissance de sa seconde femme, O.S. Neklioudova. Après la mort de Pasternak, il fréquente, peu de temps, Soljenytsine (première rencontre en 1962) avec lequel il a rapidement des différends, et se lie d’amitié en 1965-1968 avec la femme du poète Ossip Mandelstam, Nadejda Iakovlevna, puis rompt avec elle. Sa santé se dégrade considérablement, ses premiers livres de Récits sont refusés en URSS mais publiés à l’étranger, hors de son contrôle, sans droit d’auteur, ni respect de la composition des volumes. De plus en plus malade, marqué de tics physiques et moraux, il entre dans une maison de santé en 1979. Il est transféré contre son gré dans un hôpital psychiatrique en 1982 où il y meurt quelques jours plus tard, le 17 janvier.
© Verdier

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